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    Mai 68 (partie 1/3)


    Mai 1968 : Tout était possible !

    Mai 68 était bien plus qu’une série de manifestations étudiantes. Avant tout, il s’agissait du plus grand mouvement de grève qu’ait jamais connue l’Europe. Cette explosion de colère n’était nullement "spontanée" au sens où elle serait venue de nulle part, n’aurait aucun signe précurseur ni aucune raison d’être. Les causes du conflit s’enracinaient profondément dans la société française de l’époque. Les étudiants avaient de quoi se révolter : amphithéâtres archi-bondés, facultés vétustes et un nouveau système de diplômes qui allait créer des injustices flagrantes. La masse des jeunes était également opposée à la guerre du Vietnam et à la tentative de l’impérialisme nord-américain de rétablir son contrôle sur le Sud-Est asiatique. En France cette sympathie spontanée fut encore plus forte, en partie à cause des liens entre le PCF et le gouvernement nord-viêtnamien. Il en allait de même pour les travailleurs. 
    En 1967 et pendant les premiers mois de 1968, une série de grèves, d’occupations et de confrontations avec les forces de l’ordre montra que la classe ouvrière devenait de plus en plus combative. En février 1967, à l’usine Rhodiaceta de Besançon, 3200 travailleurs firent grève contre les menaces de chômage ; le mouvement s’étendit rapidement aux autres usines Rhodia, notamment à Lyon, et aux filiales Cellophane et Nordsyntex. La majorité des grévistes refusa un accord avec le patronat et maintint la grève. 300 gardes mobiles occupèrent alors l’usine. A la rentrée de la même année, des grèves éclatèrent au Mans et à Mulhouse en protestation contre les ordonnances et le chômage. Au Mans les CRS encerclèrent la ville. A Mulhouse, la préfecture fut attaquée par les manifestants.
     En janvier 1968 à Caen, les 4800 travailleurs de l’usine SAVIEM se mirent en grève pour une hausse de salaires, passant rapidement à l’occupation de l’usine. 
    Armés de frondes et de matraques, les jeunes travailleurs (la moyenne d’âge était de 25 ans) participèrent à plusieurs affrontements avec les CRS. Liée au soutien massif venu d’autres travailleurs de la ville, cette volonté de lutte montra clairement que des sections de la jeunesse ouvrière étaient prêtes à en découdre avec le patronat. En 1966, les salaires des travailleurs français étaient les plus bas de la CEE, les semaines de travail les plus longues (jusqu’à 52 heures dans certaines branches !), et les impôts les plus élevés. Pour mieux faire face à la fin des "trente glorieuses" qui s’annonçait à l’échelle mondiale, notamment lors de la crise de l’étalon-or, de la dévaluation de la livre britannique en 1967, et de la levée des contrôles douaniers au sein de la CEE prévue pour juillet 1968, le gouvernement Pompidou prépara de nouvelles attaques. A partir de mars 1967, il commença à rédiger des ordonnances pour faire passer les pires attaques, notamment contre la Sécurité Sociale et l’emploi. Les syndicats montrèrent à plusieurs reprises leur capacité à mobiliser les travailleurs, notamment autour de la Sécurité Sociale. Ainsi, le 13 décembre 1967, des millions de travailleurs participèrent à une journée d’action organisée par toutes les centrales syndicales pour protester contre le chômage et les attaques. Malgré le succès de cette journée, la quatrième protestation du genre, les syndicats ne proposèrent rien, sinon une nouvelle journée d’action... en mai 1968.

    La direction politique

    La direction politique du mouvement étudiant se trouvait à Paris pour deux raisons. D’abord, la plupart des étudiants s’y trouvaient : 200.000 sur 550.000. Ensuite, depuis le début des années 60, le milieu étudiant parisien était le centre d’une série de débats politiques entre tendances de gauche. Le résultat de ces débats fut l’affaiblissement des structures étudiantes "traditionnelles", notamment de l’Union National des Etudiants de France (UNEF), mais aussi de l’Union des Etudiants Communistes (UEC), qui organisait les adhérents du PCF en milieu étudiant. En conséquence, les "groupuscules" trotskystes (JCR, OCI, VO) ou maoïstes (UJC-ml...) fleurissaient au profit d’une UNEF de plus en plus moribonde. Sans courroie de transmission efficace parmi les jeunes, et sentant les effets des scissions au sein de l’UEC, le PCF s’attaqua - parfois physiquement - aux "groupuscules". Durant le seul mois de décembre 1967 :
    • A Rouen, des militants du PCF empêchèrent physiquement la tenue d’une réunion de la JCR.
    • A Brive, un tract PCF accusa Voix Ouvrière (ancêtre de Lutte Ouvrière) d’être financée "par les flics et les monopoles" et attaqua physiquement les vendeurs de VO dans la rue.
    • A Lyon, le PCF attaqua une réunion de l’OCI et de Révoltes (le journal du CLER).
    • A l’usine Alsthom Saint-Ouen les diffuseurs du bulletin de VO furent attaqués par les militants de la CGT.
    Ces "arguments" physiques montraient que les staliniens craignaient de perdre leur influence auprès des jeunes, notamment dans les usines. Et le réflexe bureaucratique prima chez les staliniens. De plus en plus, le mensonge et l’amalgame devinrent leurs armes préférées tandis qu’ils retrouvaient l’esprit des procès de Moscou. Par exemple, en mars 1968, les lambertistes furent qualifiés de "fascistes de gauche" dans un tract du PCF diffusé sur la faculté d’Orsay.

    Du mouvement aux barricades


    Pour Ernest Mandel, dirigeant trotskyiste :"sauf pour les délirants, nous n’avons manifestement pas, dans l’immédiat, une perspective de renversement révolutionnaire de la bourgeoisie en France et en Grande-Bretagne. Nous n’avons pas une situation pré-révolutionnaire dans ces pays." Pourtant....L’étincelle de mai partit de la faculté de Nanterre, où la JCR et diverses tendances semi-anarchistes avaient organisé des protestations contre la réforme Fouchet (10.000 étudiants firent grève en décembre), contre la guerre du Vietnam et pour les libertés politiques sur le campus, qui avaient déjà conduit à des affrontements avec la police. Le 20 mars une manifestation de quelques centaines d’étudiants attaqua le bureau d’American Express à Paris. L’un d’entre eux, Xavier Langlade de la JCR, fut arrêté. Le 22 mars, 142 étudiants de Nanterre s’organisèrent en mouvement pour demander la libération de Langlade. Le "Mouvement du 22 mars" naquit. Rapidement, les revendications s’accumulèrent. Les étudiants exigeaient d’être traités comme des adultes, notamment à travers la liberté d’expression politique sur le campus. Mais, suite à une provocation d’Occident, groupuscule fasciste, violent et bien organisé, le doyen de Nanterre, craignant la bagarre générale, annonça que la faculté serait fermée jusqu’aux examens en juin. Les étudiants se déplacèrent alors à la Sorbonne, en organisant un meeting de protestation, le 3 mai. Le rectorat exigea l’évacuation de la fac. Les étudiants refusèrent. Commencèrent alors les combats de rue contre la police quand celle-ci chargea les occupants. Du 6 au 10 mai, se succédèrent manifestations et affrontements avec les CRS. Le 10 mai, ce fut la "nuit des barricades".
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